Je ferme les yeux sur ma mémoire.
Je lutte contre mes sensations, contre mes envies, contre mes souvenirs.
Qu'est ce que le changement? A part une éradication de certains de ses traits de caractères? J'ai changé, du moins j'ai passé un certain cap. Dire que ce sera définitif, je ne le sais.
Aujourd'hui, j'attends. J'attends la nuit, j'attends le jour, j'attends le train, j'attends un cours, j'attends qu'il pleuve, j'attends l'automne, j'attends ma s½ur, j'attends l'inspiration, j'attends qu'elle meure, j'attends les discussions, j'attends la nostalgie, les choses qui font se souvenir, les sourires, j'attends la lumière, j'attends les couleurs, j'attends le silence, j'attends le noir, j'attends de la revoir, j'attends le travail, j'attends les idées, j'attends l'évasion, j'attends. Attendre c'est l'immobilité. Attendre ça ne veut pas dire qu'on ne fait rien, ça veut juste dire que ce qu'on fait n'a pas d'impact. Il n'y a vraiment rien de plus terrifiant que ça. Agir pour rien. Agir pour un jour mais attendre en attendant.
Je voudrais qu'une fois dans ma vie je sache pour quoi je me bats, contre quoi je me bats, je voudrais qu'une fois dans ma vie je réussisse à toucher quelqu'un même une seule personne, que ma vie ait un sens, que ce que je vis est utile pour quelqu'un d'autre maintenant ou dans la postérité, je voudrais qu'une fois dans ma vie quelqu'un m'attende, moi, je voudrais une seconde, rien qu'une seconde, comprendre pourquoi des choses nous dépassent, pourquoi des choses sont belles, pourquoi elles sont pourries, pourquoi on vit, pour quoi on crève, ce qu'il y a à atteindre et pourquoi on ne l'atteint jamais, et pourquoi on continue comme ça et pourquoi ça ne dérange toujours personne. Et qu'est-ce que j'attends au fond.
Je pète un plomb! En ce moment, j'ai décidé dans ma tête de souffrir. Oui nous sommes dans un pays où tout nous est réprimée. Mais rien, ni personnes, m'empêchera de souffrir. Il m'avait dit qu'il serait toujours auprès de moi. J'ai regardé autour de moi, en souriant parce que ça me faisait toujours rire, et je lui ai assuré que je ne le voyais pas, qu'il n'était pas là. Encore et toujours des mots. Les hommes les aiment, les femmes en jouent, quel monde de vicieux. J'ai envie de lui dire qu'il me fait vraiment pitié plus que quiconque. Que si je le pouvais je lui cracherais dessus et je l'insulterais, que je voulais voir ce spectacle comme ça, pour contempler et me descendre encore plus bas dans mon estime. Je hais cet homme. Laisse mes nuits tranquilles! Je rêve de dormir.
Je souhaite ne pas connaître la mort..